« Le Bateau de marbre blanc », de Mikhaïl Chichkine : un vade-mecum du rebelle russe
Place Pouchkine, à Moscou, en 2012. La police en empêche l’accès aux opposants à Vladimir Poutine. JULIETTE ROBERT/HAYTHAM-REA « Le Bateau de marbre blanc. Essais sur la culture russe », de Mikhaïl Chichkine, traduit du russe par Maud Mabillard et de…
Place Pouchkine, à Moscou, en 2012. La police en empêche l’accès aux opposants à Vladimir Poutine. JULIETTE ROBERT/HAYTHAM-REA « Le Bateau de marbre blanc. Essais sur la culture russe », de Mikhaïl Chichkine, traduit du russe par Maud Mabillard et de l’allemand par Odile Demange, Noir sur blanc, 332 p., 24 €, numérique 18 €. D’emblée, Mikhaïl Chichkine interpelle et intrigue le lecteur : « A quoi sert la littérature, si elle n’a empêché ni le goulag ni l’“opération militaire spéciale” ? » L’auteur russe, datant des années 1920, vision prémonitoire de la guerre et du goulag.
Face au rouleau compresseur des autorités, qui utilisent tous les relais possibles pour faire passer leurs messages et briser l’élan de la culture, ces Russes ordinaires se réfugient dans cette même culture pour s’opposer comme ils peuvent malgré la répression. De son exil, Mikhaïl Chichkine leur apporte une forme de soutien avec le recueil d’essais Le Bateau de marbre blanc , kaléidoscope de grands noms de la culture mais aussi d’événements et de symboles. En racontant et en analysant les confrontations avec le pouvoir de ces figures du passé, l’auteur loue indirectement cette « autre Russie » qui, aujourd’hui, résiste dans le secret.
Essais sur la culture russe », de Mikhaïl Chichkine, traduit du russe par Maud Mabillard et de l’allemand par Odile Demange, Noir sur blanc, 332 p., 24 €, numérique 18 €.
Il vous reste 67.34% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
D’après Le Monde.




