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Souveraineté à la chinoise : comment Pékin a bâti ses champions tout en verrouillant son marché

En trois décennies, la Chine a évolué d'un pays principalement industriel à une puissance technologique capable de concurrencer les États-Unis dans des domaines tels que l'IA, la 5G, le commerce électronique et les semi-conducteurs. Cette croissance…

En trois décennies, la Chine a évolué d'un pays principalement industriel à une puissance technologique capable de concurrencer les États-Unis dans des domaines tels que l'IA, la 5G, le commerce électronique et les semi-conducteurs. Cette croissance repose sur une stratégie visant à attirer le capital et les talents étrangers tout en conservant le contrôle des entreprises stratégiques.

La stratégie chinoise s'articule autour d'une « liste négative », qui catégorise les secteurs ouverts, restreints ou interdits aux investisseurs étrangers. Les télécommunications, l'internet, les services de paiement et le cloud sont réservés aux entités chinoises. L'obtention de licences, telles que l'ICP pour les services en ligne ou les autorisations de la Banque populaire de Chine pour les paiements, est limitée aux sociétés locales.

La Chine a mis en place des mesures protectionnistes, empêchant les plateformes étrangères comme Google, Facebook, Twitter et YouTube de concurrencer directement ses acteurs nationaux, tels que Baidu, Alibaba et Tencent.

Les entreprises chinoises ont utilisé la structure Variable Interest Entity (VIE) pour lever des fonds à l'étranger. Cette méthode implique la création d'une holding offshore, souvent aux îles Caïmans, qui contrôle économiquement l'entité chinoise opératrice sans posséder directement ses licences. Les investisseurs étrangers achètent des actions de cette holding, tandis que les actifs stratégiques restent sous contrôle chinois.

En trois décennies, la Chine a évolué d'un pays principalement industriel à une puissance technologique capable de concurrencer les États-Unis dans des domaines tels que l'IA, la 5G, le commerce électronique et les semi-conducteurs.
Théo Marchand · Métro Boulot Dodo

Pékin encourage les financements étrangers tout en co-investissant, via ses fonds souverains, dans des entreprises stratégiques. Des “golden shares” sont parfois détenues par l'État, offrant un droit de veto sur des décisions majeures.

Des programmes tels que « Thousand Talents » mobilisent la diaspora et les ingénieurs expatriés pour renforcer les équipes de R&D locales. La Chine investit également massivement dans ses institutions éducatives et centres de recherche pour former des experts en technologies de pointe.

Cette initiative vise à réduire la dépendance extérieure dans dix secteurs clés, tels que les équipements de télécommunication et les véhicules électriques. La Chine développe également ses propres normes technologiques et les promeut internationalement.

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Les tensions commerciales, les restrictions d'accès aux technologies critiques et les sanctions financières posent des défis. Toutefois, le modèle a produit des entreprises mondiales compétitives comme Huawei et TikTok.

Si l'Europe ne peut pas reproduire le modèle chinois en raison de ses réglementations communautaires, elle pourrait s'inspirer de certains aspects, tels que l'élargissement des secteurs stratégiques ou la mise en place d'un fonds souverain technologique.

D’après FrenchWeb.

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